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Un souffle venu de Rodrigues : le parcours de Matt Théau PHILIPPE

  • Photo du rédacteur: A.M.O.
    A.M.O.
  • il y a 19 heures
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 23 minutes

Matt Théo Philippe, 16 ans, flûtiste  —  Académie d'orchestre 2026  © Frédérick Bréville
Matt Théau Philippe, 16 ans — Académie d'orchestre 2026 © Frédérick Bréville

À Rodrigues, l’apprentissage de la musique reste un véritable défi : le manque de professionnels qualifiés, l’absence de conservatoire et de luthier privent de nombreux jeunes de l’encadrement nécessaire pour progresser et les conduisent parfois à abandonner leur passion. C’est dans ce contexte que Matt Théau PHILIPPE a découvert la flûte traversière et s’est formé en autodidacte, guidé par sa curiosité et sa détermination. Malgré les difficultés financières rencontrées par sa famille, il a pu rejoindre l’Académie Moris Orkestra grâce à une bourse accordée par l’Assemblée Régionale de Rodrigues. Une aide décisive qui lui a permis de vivre sa première expérience au sein d’un orchestre et de franchir une nouvelle étape dans son parcours musical.

Comment la flûte traversière est-elle entrée dans ta vie à Rodrigues ?

Initialement, j’ai débuté par le violon. En cours de route, je me suis retrouvé à suivre des cours de théorie musicale avec un professeur de guitare. C’est là que j’ai rencontré une jeune fille qui jouait de la flûte traversière. Je suis immédiatement tombé sous le charme de l’apparence de cet instrument ainsi que de la beauté de son timbre.

Tu as appris à jouer tout seul. Comment as-tu fait pour progresser malgré le manque de professeurs et de matériel sur l’île ?

La lecture m’a permis d’acquérir de solides bases et de comprendre les principes fondamentaux de la flûte. J’ai acheté plusieurs livres et méthodes que j’ai étudiés sans cesse afin de comprendre le fonctionnement et le mécanisme de l’instrument. La curiosité et l’audace m’ont poussé à persévérer sans me soucier du manque d’encadrement pédagogique.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les jeunes qui souhaitent apprendre la musique à Rodrigues ?

Tout d’abord, il y a un manque de professionnels qualifiés dans le domaine de l’enseignement musical. Certains jeunes finissent par abandonner leur passion par manque d’encadrement et de confiance en eux. Nous ne disposons ni d’un conservatoire ni d’un luthier à notre service. Cette situation est à la fois démotivante et frustrante pour les jeunes.

Tu as reçu une bourse de l’Assemblée régionale de Rodrigues pour participer à l’Académie d’orchestre du Moris Orkestra. Qu’a représenté cette aide pour toi ?

Cette aide a été d’une grande utilité pour ma famille et moi, car elle m’a permis de me concentrer davantage sur les répétitions plutôt que sur les difficultés financières auxquelles nous devions faire face.


Académie d'orchestre 2026  © Frédérick Bréville
Académie d'orchestre 2026 © Frédérick Bréville

Tu es le premier musicien rodriguais à rejoindre l’Académie. Comment as-tu vécu cette expérience loin de ton île et au sein d’un orchestre ?

Ayant la conviction de poursuivre des études musicales à un niveau supérieur dans les années à venir, l’Académie Moris Orkestra m’a permis de franchir une étape importante et de me rapprocher de mon rêve. Elle m’a également permis de développer un réseau exceptionnel avec d’autres musiciens.

Pendant l’Académie, tu as été accompagné par le flûtiste Paul Gil. Quels conseils ou apprentissages t’ont le plus marqué ?

Paul m’a guidé tout au long de la master class ainsi que pendant les heures de répétition. Il m’a donné de nombreux conseils, tant sur le plan technique que musical, tout en m’aidant à corriger les petits défauts que je n’avais pas remarqués durant mon apprentissage en autonomie.

Matt Théo Philippe & Paul Gil  —  Académie d'orchestre 2026  © Frédérick Bréville
Matt Théau Philippe & Paul Gil — Académie d'orchestre 2026 © Frédérick Bréville

Quel est ton plus beau souvenir du Festival Moris Orkestra ?

Je n’oublierai jamais la toute première fois où nous nous sommes réunis en orchestre pour les répétitions. C’était la première fois que j’entendais autant d’instruments jouer ensemble. J’étais émerveillé et cette expérience a complètement changé ma perception de la musique.

Quels sont tes rêves pour la suite de ton parcours musical et comment le Moris Orkestra pourrait-il t’aider à les réaliser ?

Souhaitant étudier sérieusement la flûte dans un avenir proche, je pense que le Moris Orkestra me préparera à évoluer dans l’environnement d’un orchestre professionnel. Les conseils et l’expérience que j’ai reçus, et que je continuerai à recevoir au sein du Moris Orkestra, me seront certainement d’une très grande aide.

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